Témoignages

Ne jamais oublier !

Le 12 janvier 2019, nous avons été blessés au plus profond de notre être, dans notre chair, dans nos rêves, dans notre histoire.  

Ne jamais oublier, 

L’immense peine et la douleur d’avoir perdu un être cher, la vie, les espoirs, les rêves brisées.

La douleur de Elsa, Miguel et Hugo, orphelins de Laura, et celle de son de son époux Luis Miguel, et de toute sa famille

La douleur de  Kelyan, orphelin de Nathanaël, et celle de son épouse Océane, et de toute sa famille  

La douleur de la famille de Simon, et celle de son épouse Anaïs 

La douleur de la famille de Adèle 

Tous sont décédés le 12 janvier 2019

Nous avons une pensée profonde pour les familles des endeuillés

N’oublions pas, 

La vie, les espoirs , les rêves brisées de Ines, Angela, Amor, Ameroche salariés des hôtels, tous devenus handicapé. 

Nos touristes blessés

Les victimes ayant subis un choc post traumatique  blessée au plus profond de leur être 

« Pour les victimes devenues handicapées, les blessés physiques et psychosomatiques, les orphelins, les endeuillés, c’est véritablement un jour sans fin. 

Aujourd’hui, je m’exprime au nom de toutes les victimes regroupés dans notre association.  

Nous n’avons pas quitté le 12 janvier 2019. Cette année encore, certains ont passé les fêtes à l’hôpital et pour les autres, les interventions chirurgicales ont repris depuis le début du mois de janvier. Nous avons une profonde pensée pour Ines actuellement hospitalisée, elle vient de subir sa 42éme intervention. 

Les orphelins ne sont toujours pas reconnus en tant que victimes. 

Nos liens sont très forts, nous sommes liés à JAMAIS ! 

Nous, victimes mutilées devenues handicapées, notre vie est à jamais brisée. Nous devons au quotidien surmonter nos souffrances physiques et psychologiques ; nous sommes obligés de nous battre afin que l’intégralité des frais médicaux soit prise en charge. 

Nous, orphelins et endeuillés, nous sommes anéantis par la mort de l’être cher, nous avons perdu notre pilier, notre rayon de soleil. Nous ressentons chaque jour qui passe comme une épreuve insurmontable ; en dépit de cela, nous ne sommes pas reconnus comme victimes ! 

Nous, victimes post-trauma, blessées au plus profond de notre être, nous gardons, ancré en nous, d’avoir été exposées à l’insupportable : la vision d’une scène de guerre, l’horreur, la douleur, la terreur, la peur, la mort. Nous vivons avec un sentiment de culpabilité : celui du survivant ; et malgré cela il faut justifier de nos blessures dites « invisibles ». 

Notre combat de chaque instant se situe sur tous les fronts, dans un monde hyper violent, pour veiller à ce que tous les préjudices soient bien pris en compte, que le statut de victimes soit reconnu aux orphelins, que personne ne soit oublié ou laissé de côté. 

La maltraitance a commencé dès le départ. Pendant ces trois années, nous avons été confrontés au pire de ce qui peut exister dans le genre humain : l’abandon, le mépris. Les belles rencontres, comme avec Delphine Bürkli et Sophia Seco ont été très rares. Nous aurions eu besoin de davantage de mains tendues. 

Nous restons debout, malgré tout, malgré les séquelles, les douleurs, les angoisses. malgré qu’on ne nous laisse pas la possibilité de nous soigner, de nous reconstruire. 

ET, OUI ! Durant ces trois Il a fallut puiser au plus profond de notre être, trouver l’énergie au quotidien.

En 2022, nous pourrions espérer un rayon de soleil, se réinventer une histoire ; malheureusement, nos blessures demeurent, notre perte est trop importante pour réécrire l’histoire, envisager la résilience. 

Nous avons un souhait que notre vécu reste dans les mémoires, pour que plus jamais de victimes soient abandonnées et livrées à elles mêmes !